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[ Mardi 11 décembre 2007 ]

L’INDUSTRIE FORESTIÈRE EST EN CRISE EN PARTIE À CAUSE DE LEURS FAUTES !!!

 

 

Je vous invite à vous référez à l’article suivant paru dans le Journal LE Soleil dans la section affaires du samedi 8 décembre 2007.

 

Titre :

L'industrie vit sa pire crise en 50 ans

 

Gagné, Gilles

L'industrie forestière du Québec vit sa pire crise en 50 ans. Les faibles prix du papier et du bois d'œuvre, l'appréciation du dollar canadien, la hausse des coûts de l'énergie, l'augmentation de la distance entre l'usine et la forêt et le nombre restreint d'innovations québécoises atteignant les marchés alimentent le marasme.

 

Le Conseil de l'industrie forestière du Québec parle de 20 000 emplois perdus alors que l'État, se limitant aux emplois d'usines, situe la perte à 11 000 emplois. Les retombées liées à la forêt reculent. Du lundi 10 au mercredi 12 décembre, 400 personnes réunies à l'Université Laval à Québec tenteront d'identifier des solutions pour contrer la décroissance de notre plus grande industrie.

 

Ingénieur forestier, économiste et politologue, Luc Bouthillier, professeur à l'Université Laval, juge que le Québec a été privilégié de flotter durant 100 ans sur une vague d'industrialisation initiée par Lomer Gouin en 1905 et renforcée par Louis-Alexandre Taschereau dans les années 1920. Mais il croit aussi que depuis 30 ans, le secteur forestier a raté deux occasions en or d'assurer sa place dans le peloton de tête mondial.

 

"Nous nous sommes assis sur nos lauriers. L'essentiel de notre parc d'usines s'est établi dans les années 20. Elles reposaient sur une énergie pas chère et du bois pas cher. On a cru que la forêt se suffisait à elle-même. Mais la forêt s'éloigne des usines et les arbres rapetissent.

En 1977, il a fallu une conférence nationale pour dire que la régénération naturelle n'assurait plus l'avenir de la forêt (...). Ce n'est qu'en 1983 qu'on accélère le programme de reboisement", évoque M. Bouthillier.

 

Il est normal qu'on coupe moins de gros arbres en forêt publique puisque l'épinette a besoin de 80 ans pour croître et le sapin, de près de 60.

 

"Le bois est cher au Québec? Oui! Nos arbres sont petits et loin, il faut faire plus attention aux paysages et à la faune, et la récolte, mécanisée, comme le transport dépendent d'un pétrole plus cher. Dans le papier, la fibre est transformée par des machines dont l'âge moyen est de 30 ans", poursuit le professeur.

 

De 1979 à 1984, 10 milliards$ ont été investis dans les usines québécoises des pâtes et papiers pour les moderniser et améliorer leur bilan environnemental.

"Pour l'environnement, ce fut un franc succès. Mais ici, on a modernisé les vieilles machines, déjà amorties.

Pendant ce temps, en Suède et en Finlande, on ferme les petites usines afin de baisser les coûts de revient, en faisant des économies d'échelle. On délaisse le papier journal pour le papier revue. On aurait dû commencer à réfléchir, ici. Première occasion ratée."

 

L'autre occasion, plus évidente pour ceux qui reprochent à Luc Bouthillier de regarder le passé avec les yeux d'aujourd'hui, est survenue en 1994, après une vague de fermetures de machines à papier.

 

"Le gouvernement canadien a embauché Michael Porter, l'analyste stratégique de l'heure, pour faire un rapport sur l'industrie des pâtes et papiers. Le verdict? L’industrie ne s’en va nulle part. Elle ne contrôle pas son avantage, le taux de change. Notre dollar ne vaut alors que 70 à 75 ¢US, 80 % de nos exportations vont aux États-Unis; chaque tonne vendue là reçoit donc une prime de 20 à 40 %.

Porter dit que l'avenir se situe dans les produits environnementaux. L'industrie, occupée à vendre en grande quantité ses rouleaux de papier et ses 2 X 4, a dit : "Voyons, lâchez-nous avec ça". Si on avait compris ça, on ne serait pas là."

 

Comment se sortir du bourbier? En évitant la répétition d'erreurs, note M. Bouthillier.

 

"L'année 2008 sera aussi marquée par des faillites et d'autres fermetures. En 2009, on prévoit une reprise, et les firmes de bois d'œuvre vont faire des profits.

Le Conference Board prévoit de la prospérité. Oui, parce que la structure de production va se ratatiner. Il y aura moins de joueurs et les plus forts auront survécu. Mais l'embellie sera provisoire. D'ici 8 à 10 ans, la consommation de papier journal sera à 10 ou 20 % de ce qu'elle était en 2000."

 

L'avenir? "Il se situe dans les "papiers intelligents", bio-réactifs. La barquette de styromousse sera remplacée par le carton bioréactif, qui changera de couleur quand le taux de bactérie e-coli est trop élevé (...). Le mouchoir vire au vert s'il détecte un virus. Ça s'en vient, c'est là. Le plastique, dont la production génère des gaz à effet de serre, qui nécessite du pétrole, un produit pas renouvelable, sera remplacé par les cartonnages, une fibre renouvelable."

 

Le Québec, jure Luc Bouthillier, jouit d'un excellent réseau de recherche sur le bois et le papier. "Maintenant, il faut trouver comment on sort les bonnes idées des milieux créateurs pour qu'elles deviennent des éléments de plan d'affaires. Les entrepreneurs n'ont pas d'argent."

 

Il convient aussi d'analyser au plus vite les failles du programme de soutien de Québec et d'Ottawa à l'industrie, 850 millions$ dévoilés en novembre 2005 et qui ont peu servi, déplore l'enseignant.

 

À l'aube du Sommet sur la forêt, il craint que l'État et l'industrie réorientent les travailleurs forestiers vers d'autres domaines.

"Le goulot d'étranglement (...), c'est une pénurie de travailleurs qualifiés. Le savoir cognitif n'est pas juste dans les bureaux; il est aussi sur les planchers d'usine. J'ai peur que nous perdions ce savoir. Les arbres ne déménageront pas en Chine. Il y a encore de la richesse à en tirer. La Chine est déjà soumise à des pressions inflationnistes", conclut Luc Bouthillier.

 


 

Je vous invite également à visionner le reportage suivant :

http://www1.radio-canada.ca/actualite/semaine_verte/reportage.aspx?idDocument=48636&idItemMenu=27

Dans l’émission la Semaine Verte diffusée dimanche dernier (9 décembre).

 

Quelques chiffres :

                                               12,9 G$

           Retombées de l’industrie forestière au Québec en 2005

 

                                               188 600

                Nombre d’emplois dans le secteur forestier en 2006

 

                                               20 000

         Nombre approximatif d’emplois perdus depuis trois ans.

 

 

Voilà pourquoi il est important de suivre ce qu’il se passe dans son domaine !!! Autant pour les employés de bureaux mais surtout les employés d’usines de forêts...

 

S’informer !!! Voilà le mot de l’avenir...

 

JFD

 

 

[ publié par Zeff le 2007-12-11 07:40:52 ]

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