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[ Mardi 19 août 2008 ]

LES ÉCONOMISTES RÉVISENT LEURS PRÉVISIONS POUR 2008, ENFIN...

 

Je vous invite à lire l’article suivant paru dans le Journal La Presse dans la section Affaires, du jeudi 7 août 2008.

 

Titre : L’économie du Québec en 2008 : Le ralentissement se confirme.

 

Jean-François Cloutier,

 

Le ralentissement persistant aux États-Unis rattrape l'économie québécoise, qui connaîtra une année plus difficile que prévu, selon le Conference Board du Canada.

 

Le Conference Board s'était démarqué en mars en y allant de prédictions parmi les plus optimistes chez les analystes économiques. Il est aujourd'hui forcé de revoir sa boule de cristal.

 

La croissance qui devait s'établir à 2,4% au Québec perd un gros point de pourcentage pour s'établir à 1,4% dans ses nouvelles perspectives, intitulées de façon éloquente "Not Out of the Woods Yet" ("Pas encore sortis du bois").

"La croissance dans les exportations pour cette année a été revue à la baisse de façon significative", concède Sabrina Browarski, économiste au Conference Board.

 

L'automobile en Ontario, mais aussi le bois et l'équipement de machinerie au Québec, sont touchés de plein fouet par une série de facteurs dont le ralentissement de la consommation aux États-Unis, le resserrement des conditions de crédit et la quasi-parité récente entre les devises canadienne et américaine.

 

Au Québec, l'aérospatiale demeure un des rares secteurs exportateurs vigoureux, mais les effets positifs de nouveaux projets comme celui de la Séries C de Bombardier ne devraient se faire sentir pleinement que dans les années à venir: "Même l'aérospatiale nous a déçus depuis le début de l'année", affirme Mme Bowarski.

 

Le déclin du secteur manufacturier n'est pas nouveau, mais la demande intérieure permettait jusqu'ici de compenser ses effets. C'est de moins en moins vrai: "Des signes de malaise commencent à apparaître dans les dépenses des consommateurs", observe l'organisme dans son rapport.

 

Le règlement du déséquilibre fiscal et les baisses d'impôt provinciales ont eu un effet important au début de l'année qui tend à s'estomper.

 

En plus, le marché de l'emploi s'est révélé moins dynamique que prévu depuis le début de l'année. C'est sans parler de la flambée des prix du pétrole qui commence à affecter la confiance des consommateurs.

 

Mince consolation: le Conference Board prédit que la situation devrait s'améliorer en 2009, alors que la croissance de l'économie québécoise devrait remonter à 2,4%. La province profitera alors d'un meilleur équilibre entre le commerce extérieur et la consommation intérieure.

 

L'Ouest en force

 

Encore une fois, c'est l'ouest du pays qui s'avère la locomotive de l'économie canadienne. Le Board remarque cependant que l'épicentre de la croissance s'y déplace graduellement de l'Alberta vers la Saskatchewan et le Manitoba.

"L'Alberta est affectée par un grave manque de main-d'oeuvre qualifiée, alors que les Prairies capitalisent encore à fond sur les retombées du boom des matières premières", explique Mme Bowarski.

 

La croissance de l'économie de la Saskatchewan devrait atteindre 4,2% cette année, au sommet des provinces canadiennes, alors que la croissance du Canada en entier se situera à 1,7%.

 

En régions

 

Le rapport du Board survient en même temps qu'une étude de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) qui traduit elle-même les difficultés du secteur manufacturier et le boom des matières premières. Alors que les usines de Montréal tournent au ralenti, des régions éloignées profitent du prix élevé des métaux et autres produits de base.

 

La Côte-Nord et l'Abitibi-Témiscamingue ont enregistré la plus forte hausse du revenu personnel disponible en 2007, avec une croissance importante de 9 et de 8,9% respectivement. Le revenu moyen atteint maintenant 25 438$ sur la Côte-Nord, ce qui la situe au troisième rang des régions administratives les plus riches.

"Ces régions profitent notamment de l'accroissement des activités dans les mines, Pendant ce temps, l'emploi croît plus faiblement à Montréal", explique Stéphane Ladouceur, de l'ISQ.

 

Pour la première fois, la métropole s'est même fait détrôner par la Capitale Nationale en tête des régions les plus riches. Dopée par les versements d'équité salariale, la grande région de Québec affiche maintenant un revenu moyen de 25 541$, devant la métropole, à 25 490$.

 

Note :

Secteur manufacturier

En baisse

 

La production de produits chimiques, de bois et de machinerie a connu une baisse marquée ces derniers mois, frappée entre autres par le ralentissement aux États-Unis.

 

Aérospatial

En hausse

 

L'aérospatiale est un des rares secteurs de l'industrie manufacturière à bien faire. La demande pour des avions d'affaires moins gourmands en carburant permettra au secteur de poursuivre sur sa lancée.

 

Consommation

En hausse

 

La hausse des transferts fédéraux et les réductions d'impôt provinciales ont fait bondir la consommation depuis le début de l'année, quoique celle-ci devrait ralentir en raison des prix de l'essence.

 

Construction

En baisse

 

La construction non résidentielle ralentit après quelques années de forte croissance. La construction résidentielle a atteint un sommet et devrait aussi diminuer.

 


 

Qui est l’oiseau de malheur qui vous disait : que ces économistes étaient trop optimistes pour les Canadiens, malgré les problèmes américains ?

Qui est le trouble fête qui remettait les économistes et les chiffres en doutes pour le Canada et le Québec ?

Et oui… c’est moi !!!

 

Un simple profane qui lit et analyse la ‘’chose’’ économique et qui voyait bien les problèmes qui s’en venait !

 

Quand la construction va… tout va !!! Voilà une vieille phrase que j’ai entendue dans ma jeunesse et qui tient toujours. Étant moi-même dans le domaine de l’immobilier (évaluateur) je voyais bien les problèmes venir et les économistes se tromper, de manière trop optimistes.

 

Je remets même encore les chiffres de la croissance de 2009 en doute… par le Conference Board, encore une fois.

Car le secteur manufacturier est loin d’avoir fini de se transformer pour affronter les nouveaux défis.

L’aérospatiale est dans le vent mais les carnets de commande ne sont pas pleins.

La construction n’est pas dans une remontée mais bien dans une petite correction des valeurs.

La consommation ne sera pas au rendez-vous avec les pertes d’emploi et l’incertitude économique au niveau mondial.

Sans oublier les gouvernements qui ne targue à se féliciter avec des baisses d’impôts mais n’attaque pas les problèmes de gestions de front.

 

Heureusement qu’au Canada, nous avons le pétrole de l’ouest qui dope notre économie à la hausse… sinon je ne donnerais pas chère de notre peau…

 

Le changement de gouvernement au États-unis doivent enfin venir… mais espérons que les changements d’attitudes dans leurs gestions internes s’effectueront rapidement.

Sinon, les problèmes risque de s’accentuer !!!

 

 

Bien à vous,

 

JFD

 

 

 

 

 

[ publié par Zeff le 2008-08-19 07:32:24 ]

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[ Vendredi 1 août 2008 ]

L’ÉCONOMIE RALENTIE MAIS L’INFLATION EST STABLE POUR LE MOMENT !?

 

 

Je vous invite à lire l’article suivant paru dans le Journal La Presse dans la section Affaires, du vendredi 29 juillet 2008.

 

Titre : Le ralentissement plus à craindre que l’inflation.

 

Rudy Le Cours,

 

Selon toute vraisemblance, la croissance économique au deuxième trimestre aura été plus forte que prévu des deux côtés de la frontière.

Pourtant, l'expansion des deux économies devrait inquiéter davantage que les pressions inflationnistes au cours des mois à venir.

 

On s'attend à ce que le produit intérieur brut ait progressé de 2,0% aux États-Unis, d'avril à juin, à la faveur d'une amélioration de la balance commerciale et d'une consommation dopée par des rabais fiscaux aux ménages par Washington.

 

Au Canada, l'économie a sans doute crû de 0,2% en mai, selon la prévision des experts. Cela porte à croire que le trimestre se terminera par un retour à l'expansion, après le recul surprenant de 0,3%, cet hiver.

 

Aux États-Unis, les bénéfices des entreprises ont pourtant reculé pour un quatrième trimestre d'affilée ce printemps. Cela n'est guère un bon présage pour le marché du travail et les investissements.

 

Le marché de l'habitation reste en piètre état: le nombre de maisons neuves invendues équivaut à 10 mois de mises en chantier, et le prix des maisons neuves ou d'occasion est plus faible que l'an dernier.

Le taux d'inoccupation des propriétés s'élève à 2,8%, à un dixième près de son sommet historique atteint au premier trimestre. Les optimistes indomptables y verront une amélioration. C'est faire fi des conditions de crédit qui se sont durcies, compte tenu de la détérioration du bilan des banques régionales dont le prêt hypothécaire est la source principale de revenus.

 

De ce côté-ci de la frontière, l'affaiblissement de l'économie américaine compliquera encore la tâche aux manufacturiers alors que l'attiédissement de la consommation et des mises en chantier canadiennes limite aussi leurs débouchés intérieurs.

 

Après leur folle poussée du printemps, les prix du pétrole et des céréales fléchissent rapidement.

Les taux d'inflation très élevés le mois dernier aux États-Unis (5,0%) et au Canada (3,1%) ont de bonnes chances de se replier dès l'hiver. Les cours vertigineux de l'énergie se sont assez peu répercutés ailleurs dans l'économie, à l'exception notable du transport aérien.

Selon une recherche menée par Sébastien Lavoie, économiste chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne, 116 des 173 articles formant le panier de provisions canadien de l'Indice des prix à la consommation sont à la hausse cette année, contre 127 l'an dernier alors que l'or noir et l'essence coûtaient beaucoup moins qu'aujourd'hui. "Cette statistique vient confirmer l'absence de contagion marquée de l'énergie vers les autres biens et services", juge-t-il.

 

En revanche, la hausse du prix de l'énergie n'a pas encore eu tout son impact sur le consommateur. C'est avec la facture de chauffage qu'on en prendra toute la mesure des deux côtés de la frontière.

 

À la différence du Québec, la plupart des provinces et des États américains produisent de l'électricité dans des centrales thermiques. Les prochaines factures, déjà incorporées en grande partie au taux d'inflation, seront reçues comme des électrochocs par plusieurs.

 

"Les villes, déjà aux prises avec des factures d'énergie accrues, vont sans doute majorer les tarifs de transports en commun ou l'impôt foncier", prédisent Derek Holt et Karen Cordes, économistes chez Groupe Banque Scotia. Autant d'éléments qui gonflent l'inflation globale qui sont exclus des indices de référence qui servent de baromètre à la Réserve fédérale et à la Banque du Canada dans l'établissement de leur politique monétaire.

Ces factures ventripotentes vont néanmoins inciter le consommateur à y regarder de plus près à la dépense.

 

La baisse observée ces derniers jours du prix du pétrole doit être vue pour ce qu'elle est jusqu'ici: un retour au prix du mois de mai. "Les autres forces qui se liguent contre les dépenses de consommation (aux États-Unis) comme l'affaiblissement du marché du travail, la baisse du prix des actifs (biens mobiliers et immobiliers) le resserrement du crédit et l'épuisement imminent des stimuli fiscaux demeurent de formidables obstacles", rappelle Andrew Tilton, économiste chez Goldman Sachs.

 

 


 

Je rappel qu’au dernier article que j’avais présenté sur ce site était plus positif par la Banque du Canada. Cette dernière prédisait que l’inflation sera stable… « Je ne suis toujours pas sûr de cette affirmation ! ».

 

Cet article démontre bien que plusieurs facteurs importants dans la vie des gens, ne sont pas pris en compte dans leur prédiction. Des facteurs que doivent choisir les gens à la fin des mois et dans leur budget annuel.

 

Je demeure toujours aussi pessimiste sur les prédictions jovialistes de la Banque du Canada et des politiciens. Ces gens qui veulent faire plaisirs à plusieurs personnes pour les garder dans un éternel optimisme.

 

Je vous mets en garde contre l’inflation des prochains mois à venir et sur les ralentissements économique de nos voisins du sud… Même si les chiffres ne sont pas trop alarmants… encore !

 

Qu’en pensez-vous ?

 

 

 

JFD.

 

 

 

 

 

[ publié par Zeff le 2008-08-01 08:29:09 ]

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[ Jeudi 3 juillet 2008 ]

LE CANADA SE TIRE BIEN DANS UN RAPPORT DE L’OMC ?

 

Je vous invite à lire l’article suivant paru dans le Journal Le Devoir dans la section Économie, du jeudi 19 juin 2008.

 

Titre : Le Canada, un des pays les plus ouverts.

 

Éric Desrosiers,

 

Le Canada ressort comme l'une des économies les plus ouvertes aux échanges commerciaux, selon un nouveau classement du Forum économique mondial.

 

Intitulé The Global Enabling Trade Report, le rapport, dévoilé hier à Genève par les organisateurs du forum qui se tient chaque année à Davos, en Suisse, compare 118 pays en fonction d'une dizaine de critères relevant de leurs politiques et pratiques commerciales, du traitement des marchandises à leurs frontières, de leurs infrastructures de transport et de communication ainsi que de leur contexte général d'affaires.

 

Le Canada arrive au 5e rang de ce classement, derrière Hong Kong (1er) et Singapour (2e), qui ont fait du commerce leur principal moteur de développement économique, et avec devant et derrière lui les pays d'Europe du Nord, également très tournés vers le commerce, en commençant par la Suède (3e) et la Norvège (4e), suivis par le Danemark (6e) et la Finlande (7e).

 

Le Canada s'est particulièrement fait remarquer pour le degré d'accessibilité de son marché (3e), reconnaissable aux faibles niveaux de ses barrières commerciales tarifaires et non tarifaires ainsi qu'à la forte proportion d'importations admises en franchise de taxe. Ses services douaniers seraient également relativement efficaces (9e), la qualité et la quantité de ses infrastructures de transport et de communication (11e) feraient également l'envie de plusieurs. Son environnement réglementaire (23e) et le coût infligé aux entreprises par la criminalité et le terrorisme (18e) ont pour leur part moins impressionné.

 

«La plupart des tarifs et des autres barrières commerciales issues de politiques ont été instaurés par les gouvernements pour protéger ceux qui sont exposés à des pertes à court terme à cause de l'augmentation de la concurrence étrangère, notent les auteurs du rapport qui fait plus de 400 pages.

 

D'autres obstacles sont les conséquences involontaires liées à des cadres institutionnels et des infrastructures physiques et humaines qui se sont développés au fil des ans dans chaque pays. Quoiqu'en soit leurs origines, ces barrières ont pour conséquence de réduire le flot des échanges commerciaux, ce qui réduit généralement le niveau de bien-être général».

 

La Chine et l'Inde loin derrière

Les pays développés se retrouvent globalement en tête de peloton de ce classement. Les États-Unis (14e) sont loin d'être les meilleurs à ce concours, se classant derrière l'Allemagne (8e) et le Japon (13e), et tout juste devant le Royaume-Uni (16e), l'Australie (17e) et la France (19e). La remarquable qualité de ses infrastructures de transport et de communication (3e) et l'ouverture de ses politiques au commerce ne seraient pas suffisantes pour compenser «le manque d'efficacité» de son système douanier (21e) et de ses coûts de sécurité (25e).

Grande puissance exportatrice pourtant, la Chine (48e) paraît encore moins disposée que les États-Unis à garantir la réciproque. «Avant tout, la Chine reste un pays assez fermé, dit le rapport. Bien que son succès repose fortement sur ses exportations, les importations y sont encore sévèrement limitées par des barrières tarifaires et non tarifaires, malgré son accession à l'Organisation mondiale du commerce».

 

Les autres économies émergentes ne font guère mieux. Le 59e rang de l'Afrique du Sud n'apparaît pas si mal compte tenu du fait qu'il lui assure malgré tout le 2e rang parmi des pays d'Afrique subsahariens, qui ont tendance à se tenir en queue de peloton en ce domaine. L'Inde arrive pour sa part à la 71e place, le Brésil à la 80e et la Russie à la 103e, loin, très loin de tous les autres pays européens à cause du peu d'ouverture de ses politiques commerciales (99e), de la redoutable inefficacité de son administration douanière (92e) et d'un cadre réglementaire carrément hostile (117e).

 

Un autre rapport, de la Banque mondiale celui-là, soulignait mardi que, si les pays développés se montraient effectivement les plus ouverts au commerce, certaines de leurs politiques avaient néanmoins pour effet de bloquer les importations étrangères, justement dans les secteurs susceptibles d'être les plus profitables aux pays pauvres, tels l'agriculture et certains produits à plus grande valeur ajoutée. Les auteurs de l'édition 2008 des Indicateurs du commercial mondial, de l'institution internationale, pointaient notamment le Canada d'un doigt accusateur à cause de ses tarifs commerciaux à l'encontre des produits finis des secteurs non agricoles.

 


 

 

Pour une des rares fois, je suis content de voir le nom ‘’Canada’’ dans les 5 premières positions. Surtout quand cela provient d’un rapport rédigé par une organisation très bien reconnue.

 

En même temps, ce rapport me porte à me poser des questions. Surtout quand il s’agit de nos infrastructures et communications. Car, il semble que nous sommes au 11e rang. Alors je pose deux questions : Ont-ils vus nos routes au Québec ? Les routes ailleurs dans le monde sont-elles en si piteux états ?

Heureusement que les routes des autres provinces sont bien meilleures pour nous permettre d’avoir une note relativement bonne.

 

L’environnement règlementaire nous donne la note de 23e au monde… pas fort ! Et pour cause… Il y a des années et des lunes que plusieurs entreprises et ordres professionnels demandent des changements. Il semble que bien des choses restes à faire !

 

La criminalité et le terrorisme ne sont guère plus reluisants. Pourtant, les montants d’argents sont de plus en plus importants pour lutter à ces fléaux mondiaux mais pourtant nos efforts ne sont pas très gratifiants. Probablement que les techniques ne sont pas à la hauteur des moyens. Trop souvent mené par les mêmes gens, la lutte aux criminels et terroristes ne semble pas très efficace.

 

Mais réjouissons-nous, nous sommes devant plusieurs forces économiques mondiaux… pour une fois. Mais continuons à nous améliorer !

 

 

JFD.

 

 

 

 

[ publié par Zeff le 2008-07-03 17:28:46 ]

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[ Jeudi 19 juin 2008 ]

LA CHINE S’AMÉRICANISE. IL Y A-T-IL UN MOYEN DE S’EN SAUVER ?

 

Je vous invite à lire l’article suivant paru dans le Journal Les Affaires dans la section en manchettes, du samedi 14 juin 2008.

 

Titre : Des entreprises quittent la Chine, devenue trop coûteuse.

 

François Normand,

 

Mondialisation.

 

Raymond Durocher s'arrache les cheveux. L'explosion des coûts de production en Chine chambarde son modèle d'entreprise. "Les coûts ont tellement augmenté qu'il faut regarder ailleurs", dit le président du Groupe Holiday, un importateur de valises fabriquées en Chine.

 

L'entreprise canadienne ne quittera toutefois pas la Chine. Le pays possède encore une économie compétitive malgré la hausse des coûts de production, surtout dans les secteurs à faible valeur ajoutée, comme le textile, le vêtement et la chaussure.

 

Mais Groupe Holiday pourrait bientôt faire fabriquer jusqu'à 50 % de ses valises dans d'autres pays asiatiques, comme la Thaïlande, le Bangladesh, le Viêtnam ou le Cambodge. "C'est une mini révolution dont je me serais passé", confie Raymond Durocher.

 

D'autres entreprises révisent aussi leur stratégie en Chine, comme Giolong International, une firme de Montréal qui aide des sociétés québécoises à s'implanter en Chine. Elle a ouvert l'an dernier un bureau au Viêtnam, qui s'ajoute aux trois qu'elle exploite en Chine.

"La Chine ne sera pas toujours la solution : si nos clients ne veulent plus y faire affaire, il faut se diversifier", affirme la directrice du développement, Marie Dionne.

 

La recherche d'une solution de remplacement à la Chine est loin d'être un phénomène isolé. Près d'une multinationale sur cinq présente dans ce pays prévoit déplacer certaines de ses activités dans d'autres pays asiatiques, selon un sondage récent de la Chambre de commerce américaine à Shanghaï.

Ce n'est pas tout. Il y a aussi des délocalisations à l'intérieur même de la Chine. "Des entreprises chinoises quittent la province de Guang-dong, dans le Sud-Est du pays, pour aller dans le Nord-Est où les coûts de production sont moins élevés", explique Pierre Farah-Lajoie, président de PFL Solutions, qui aide les entreprises d'ici à traiter avec la Chine.

 

La hausse des coûts qui touche l'ensemble de la chaîne de production tient à plusieurs facteurs locaux, qui s'ajoutent aux facteurs internationaux que sont l'explosion des prix des matières premières et de l'énergie.

 

1. Les salaires augmentent

 

La forte croissance économique que connaît la Chine depuis un quart de siècle a fait augmenter les salaires et le niveau de vie des travailleurs, dans le secteur manufacturier comme dans celui des services. "Depuis 10 ans, les salaires ont plus que doublé en Chine", précise Marie Dionne.

 

En fait, les salaires varient beaucoup d'une région à l'autre de la Chine en fonction de l'offre et de la demande ainsi que du niveau de développement. "Le salaire minimum varie de 1,30 à 1,35 $ de l'heure à Shanghaï, mais il peut descendre jusqu'à 0,60 $ dans les provinces très reculées", précise Loïc Tassé, spécialiste de la Chine et membre du CERIUM de l'Université de Montréal.

 

2. Les Chinois travaillent moins

 

Les Occidentaux n'ont pas le monopole de la conciliation travail-famille. Même s'ils ont peu d'enfants, les Chinois veulent de moins en moins travailler comme des forcenés. "Ils revendiquent de plus en plus, dit Marie Dionne. Grâce à Internet, aux vacances et aux voyages d'études à l'étranger, ils savent de plus en plus ce qui se passe ailleurs dans le monde."

"Les heures travaillées ont tendance à diminuer, mais les Chinois sont prêts à travailler plus longtemps si c'est dans l'intérêt de l'entreprise", dit pour sa part Ari Van Assche, spécialiste de la Chine et de la chaîne d'approvisionnement globale à HEC Montréal.

 

Mais pas à n'importe quel prix, rétorque Réjean Provost, vice-président de Canamexport, une entreprise offrant des services d'impartition à des fabricants de vêtements. "Comme ici, les heures supplémentaires sont payées double tarif", dit-il.

De plus, dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre, les Chinois sont de moins en moins fidèles à l'égard de leur employeur. "On peut changer d'entreprise pour 5 cents de plus de l'heure !" précise Marie Dionne.

 

3. La monnaie chinoise s'apprécie

 

La montée du yuan par rapport au dollar américain, monnaie de référence dans les contrats internationaux, est aussi responsable de la hausse des coûts d'importation de biens fabriqués en Chine.

 

Pendant des années, le yuan était arrimé au billet vert, comme l'est encore le dollar de Hong-Kong. Ainsi, les Chinois obtenaient 8,28 yuans pour un dollar américain. Mais en 2005, Beijing a mis fin à ce taux de change fixe sous la pression des États-Unis, exaspérés par l'explosion de leur déficit commercial avec la Chine. Aujourd'hui, la valeur du yuan est arrimée à un panier de devises comprenant l'euro et le dollar américain.

Actuellement, le dollar américain vaut environ 6,90 yuans, soit 20 % de plus qu'il y a trois ans. Cette situation pénalise par conséquent les entreprises chinoises, qui reçoivent moins de yuans pour chaque dollar américain. "Elles ont d'ailleurs commencé à augmenter leurs prix", précise Raymond Durocher. Les manufacturiers chinois prévoient une nouvelle hausse de leur monnaie, selon Réjean Provost : "Il y a déjà des contrats qui se signent à 6 yuans du dollar".

4. La fin des subventions à l'exportation

 

L'abolition, en 2007, d'une ristourne fiscale (tax rebate) sur les exportations de quelque 2 500 produits à faible valeur ajoutée fabriqués en Chine fait aussi bondir les coûts d'approvisionnement des entreprises canadiennes.

"Ça fait augmenter les coûts d'importation de 12 à 15 %", précise Pierre Farah-Lajoie.

 

Ces derniers mois, il a importé trois cargaisons d'acier pour un de ses clients québécois. Ce dernier a dû débourser près de 25 % de plus qu'il aurait fait à l'époque où la ristourne fiscale était en vigueur. Et cela sans compter les coûts de transport qui augmentent en flèche, en raison de la hausse du baril du pétrole...

Selon le président de PFL Solutions, les autorités chinoises l'ont supprimée pour optimiser la consommation d'énergie en Chine et la concentrer dans la fabrication de produits à forte valeur ajoutée. "La Chine veut devenir spécialiste d'industries plus complexes", confirme Ari Van Assche, de HEC Montréal.

 

Le contexte

 

TERRE D'INVESTISSEMENT

 

16,6 %

Taux de croissance annuelle moyen des investissements directs étrangers au Viêtnam, depuis 2000.

 

Le viêtnam, troisième économie d'Asie ?

 

"Le Viêtnam dépassera, en 2025, les 115 millions d'habitants; s'il sait réformer son système politique, bancaire et scolaire, s'il sait mettre en place des infrastructures routières et lutter contre la corruption, il deviendra la troisième économie d'Asie"

- Jacques Attali, Une brève histoire de l'avenir, 2006

 

Commerce extérieur

 

21,2%

Proportion des exportations totales du Viêtnam qui sont envoyées aux États-Unis, faisant de l'Oncle Sam le principal marché étranger du Viêtnam, devant le Japon et l'Australie.

 

Pauvreté extrême

 

1400

Produit intérieur brut par habitant au Bangladesh, en dollars américains, établi en fonction de la parité des pouvoirs d'achat.

 

Protégez-vous en Inde

"Il est fortement recommandé aux investisseurs de retenir les services d'un avocat local et d'intégrer l'arbitrage international dans leurs contrats"

- Exportation et développement Canada (EDC)

 

Tissus Indiens

 

13,5 %

Proportion des produits textiles dans les exportations de l'Inde.

 


 

 

Voilà ce que je disais depuis longtemps à mes amis, connaissances et interlocuteurs… maintenant le temps est arrivé !

 

Les coûts augmentent en Chine; les gens veulent plus de salaires et d’avantages sociaux; et les gens ‘’américanise’’ leur façon de vivre et de travailler. Seul le Japon résiste aux pressions de l’américanisation dans leur travaille.

 

Les mouvements d’entreprises dans les terres intérieures de la Chine et dans les autres pays ayant les mêmes avantages que la Chine avaient il y a 30 ans. Mais cela… ce n’est pas fini !!! Il en reste encore beaucoup de pays comme cela et sur plusieurs continents : Asie, Afrique et Amérique du sud.

 

Notre avantage des années 1920 à 1970 est maintenant le lot des pays en voie de développement. Ce qui fait pour nous, des années encore difficiles pour diverses entreprises, économies…

 

Voilà pourquoi que nos gens doivent se spécialiser ou bien étudier longtemps sur les bancs d’école… et non pas décrocher des écoles secondaires à 40 %. Beaucoup de boulot pour remettre notre réseau scolaire à niveau avec plusieurs pays de la planète. La mondialisation n’est pas seulement dans le bois et les emplois… mais bien dans tout !

 

La productivité, les stratégies, les planifications et le travail de plusieurs intervenants doivent être focalisés dans le même sens. Et non en combat intestine éternellement…

 

Heureusement que le prix du pétrole augmente… et oui une chance ! Car le coût du transport ralentisse les ardeurs de certaines entreprises à déménager certaines tâches vers l’étranger. Mais, c’est toujours les CONSomateurs qui paient les frais. Et cela, ce sont aussi les CONStribuables et CONcitoyens du Québec. Donc : VOUS !!!

 

 

JFD.

 

 

 

 

[ publié par Zeff le 2008-06-19 18:07:52 ]

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[ Mardi 20 mai 2008 ]

LE QUÉBEC DOIT PRENDRE EXEMPLE SUR UNE VILLE : HONG KONG.

 

 

Je vous invite à lire l’article suivant paru dans le Journal Les Affaires dans la section Tendances, du samedi 17 mai 2008.

 

Titre : Aux portes de la Chine, Hong-Kong a plus que jamais un rôle à jouer.

 

François Normand,

 

 

HONG-KONG - Tout va vite dans cette ville. La circulation, les affaires, même les rendez-vous défilent à vive allure... Mais Mike Rowse, lui, prend tout son temps et une grande respiration avant de répondre à notre question : "Hong-Kong, dépassée ? Ceux qui disent ça sont des ignorants !" lâche-t-il sèchement, visiblement piqué au vif.

 

Le directeur d'Invest Hong Kong, une société d'État qui aide les investisseurs à s'implanter dans la région, n'est pas le seul à dénoncer le discours de certains spécialistes de l'Asie qui affirment que la ville a perdu de son lustre et qu'elle n'est plus la porte d'entrée pour faire des affaires en Chine continentale. Bernard Pouliot, président et cofondateur de Quam, une société de services d'investissement de Hong-Kong, partage son opinion. "C'est une grossière erreur d'analyse", dit-il en insistant bien sur chaque mot.

"Notre ville est encore plus importante aujourd'hui, affirme pour sa part le ministre de Finances de Hong-Kong, John Tsang. Il y a des plus en plus de gens qui viennent ici pour faire des affaires avec la Chine !"

 

Les multinationales peuvent se passer de Hong-Kong, mais pas les PME

La plupart des intervenants que nous avons rencontrés admettent toutefois que les grandes entreprises étrangères ont moins besoin de transiter par Hong-Kong pour aller en Chine.

 

Ainsi, même si le droit des affaires n'y est pas toujours clair, les grandes sociétés peuvent survivre dans le "Far East" chinois. Elles s'appuient sur leurs importantes ressources humaines et matérielles, sans parler de leurs contacts politiques.

 

Mais c'est loin d'être le cas pour les PME. Leur faible notoriété et leurs moyens restreints les exposent à se cassent les dents, voire à faire faillite. "On remplirait un cimetière avec les entreprises à qui s'est arrivé", confie Bernard Pouliot.

Celles-ci auraient donc tout intérêt à entrer en Chine par Hong-Kong. Un environnement d'affaires prévisible et dynamique, c'est la carte que joue l'archipel aujourd'hui pour convaincre les entreprises et les investisseurs étrangers qu'elle est encore un formidable tremplin pour brasser des affaires en Chine.

Depuis 1997, l'ancienne colonie britannique a dû se repositionner pour faire face à la montée en puissance de la Chine continentale. Avec ses 7 millions d'habitants, Hong-Kong pèse peu face au 1,3 milliard de Chinois et aux mégapoles comme Shanghai.

 

Malgré tout, elle demeure une importante plaque tournante commerciale en Asie, que ce soit en matière d'impartition, de distribution ou de gestion de chaînes d'approvisionnement internationales.

 

Et pas seulement pour les entreprises étrangères, précise Nicholas Kwan, directeur de la recherche, Asie, de la banque britannique Standard Chartered. "Les Chinois passent de plus en plus par Hong-Kong pour vendre leurs produits à l'étranger."

 

Les avantages de New York et de Londres, mais en Chine

Hong-Kong est aussi une des trois principales places financières de la planète, aux côtés de New York et de Londres. En janvier, le magazine Time consacrait d'ailleurs un dossier à ces trois mégapoles interconnectées, en titrant à la une "Ny-lon-kong".

 

La puissance financière est l'atout de taille de Hong-Kong. Bien qu'elle soit retournée dans le giron de la Chine communiste, la ville a les caractéristiques des grandes places financières internationales : une monnaie convertible et aucun frein à la mobilité des capitaux; un système bancaire privé; une libre circulation de l'information; et un système juridique indépendant qui protège la propriété privée.

 

La présence d'un système juridique indépendant, inspiré, comme au Canada, de la common law britannique, est fondamentale pour les gens d'affaires. "Si une entreprise a un litige commercial à Hong-Kong, elle va simplement devant les tribunaux", dit Kishore K. Sakhrani, directeur de ICS Trust Asia, une firme de consultants de Hong-Kong qui aide les entreprises à s'établir là-bas.

 

En Chine continentale, le recours aux tribunaux est un pari risqué. Les cours de justice n'y sont pas indépendantes : elles sont régulièrement soumises à diverses pressions politiques, surtout en dehors des grandes villes.

 

Une des sociétés les plus efficaces et compétitives du monde

L'administration publique que Hong-Kong est aussi beaucoup plus rapide et efficace que celle du reste de la Chine. Ainsi, un entrepreneur peut y obtenir toutes les autorisations pour lancer une entreprise en deux semaines. "En Chine continentale, ça peut prendre plus d'un an", dit le directeur de ICS Trust Asia. "C'est vraiment facile de lancer une entreprise", confirme Vincent Gauthier, directeur de I-Scream, un fabricant de crème glacée haut de gamme.

On constate cette efficacité dans l'ensemble de l'économie, du chargement-déchargement des conteneurs au port de Hong-Kong (un des plus importants du monde) à la réalisation des projets d'infrastructure en passant par la gestion des transports en commun.

 

" C'est une des villes les plus efficaces au monde, dit Michel Lahaie, président et fondateur d'Axiom Investment Management, une firme d'investissement et de gestion de fortune. Même le traitement des bagages à l'aéroport de Hong-Kong se fait plus vite qu'ailleurs, surtout par rapport aux aéroports canadiens !"

 

Cette économie est aussi une des plus compétitives au monde, sans parler de son approche visiblement favorable à l'entreprise en matière de fiscalité. Ainsi, à Hong-Kong, seuls sont imposables les bénéfices des sociétés (taux de 16,5 %), les salaires (taux maximal de 15 %) et les revenus issus de la location des biens immobiliers. Par conséquent, il n'y a pas d'impôt sur l'achat de biens et de services ni sur les gains en capital et les dividendes. Ce qui fait de Hong-Kong une des économies développées les moins imposées au monde, selon Invest Hong Kong.

 

Cette ville internationale attire aussi les talents du monde entier, de sorte qu'elle regroupe des experts dans plusieurs domaines pointus. "Je trouve ici des analystes financiers qui peuvent suivre simultanément des titres d'entreprises coréennes et indonésiennes. On ne trouve pas ça ailleurs", dit Vincent Duhamel, directeur, gestion de portefeuilles de Goldman Sachs Asia, à Hong-Kong.

 

Exception culturelle

 

La culture d'affaires de Hong-Kong est aussi unique. Ni occidentale ni chinoise, elle est plutôt internationale, mais avec une touche bien asiatique. "Si vous voulez y implanter une entreprise, embauchez un bon gestionnaire local !" conseille d'ailleurs Allan Zeman, un homme d'affaires originaire de Montréal aujourd'hui bien en vue à Hong-Kong.

 

"Il faut aussi être bien préparé, et surtout, avoir quelque chose de différent à offrir", dit pour sa part Victor Apps, président de Manulife à Hong-Kong et président de la Chambre de commerce du Canada à Hong-Kong. Un entrepreneur mal préparé n'aura sans doute pas de deuxième chance.

Il faut avoir un projet bien ficelé, confirme Bernard Pouliot. "Les Hong-Kongais sont compétents et sérieux, dit-il. Ils ne veulent pas faire affaire avec des beaux parleurs." Cela dit, les gens d'affaires qui veulent s'implanter à Hong-Kong ne doivent pas viser trop haut au départ, ajoute-t-il.

 

Tout va vite dans cette ville. Et le temps, c'est de l'argent... sans doute plus que nulle part ailleurs dans le monde.

 

Bien honnêtement, je crois que le Québec et même le Canada, devraient s’inspirer de la ville de Hong Kong dans plusieurs domaines.

L’efficacité est à l’ordre du jour par là, beaucoup moins le cas dans notre coin du monde !!!

 

 

 

Les Québécois doivent prendre des mesures pour démystifier cette ville avec le même nombre d’habitants que le Québec dans une superficie beaucoup moindre et avec seulement les habitants comme ressources naturelles.

 

Un dossier à suivre dans tous les domaines...

 

JFD.

 

 

 

 

[ publié par Zeff le 2008-05-20 19:24:32 ]

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[ Mardi 13 mai 2008 ]

DES PANACÉS POUR GUÉRIR UN CANCER PORCIN... PAS TROP FORT.

 

Je vous invite à lire l’article suivant paru dans le Journal La Presse dans la section Affaires, du mercredi 23 avril 2008.

 

Titre : Les producteurs dans une situation critique.

 

Hugo Fontaine,

 

L'industrie québécoise du porc vit une crise qui n'en finit plus. Et depuis un an, les choses empirent. Le prix des céréales grimpe, celui du porc chute. Le dollar canadien reste élevé. Les producteurs sont "pris à la gorge". Alors qu'Ottawa lance un programme pour réduire de 10% le nombre de porcs reproducteurs au pays, Québec met de la pression pour que les acteurs de l'industrie se trouvent un nouveau modus operandi.

 

Portrait d'une industrie qui a le moral dans les sabots...

 

Depuis une dizaine de jours, le gouvernement fédéral a mis en marche un programme qui vise à n’éliminer rien de moins que 10% du cheptel porcin canadien. Ottawa débloque 50 millions de dollars pour convaincre des producteurs de quitter le marché ou d'éliminer leurs porcs reproducteurs.

 

De cette façon, Ottawa prévoit éliminer du marché 150 000 truies, ce qui représente, à terme, une diminution de 3 millions de porcs.

Si le remède paraît fort, c'est que les maux sont sévères. Les producteurs vivent une crise qui n'en finit plus de finir, et Ottawa espère que la réduction du cheptel pourra soutenir les prix.

 

Les producteurs, quant à eux, ne condamnent pas le programme, mais n'y voient pas une panacée. "Un plaster sur le bobo", croit le producteur René Leblanc, de Baie-du-Febvre.

Le bobo est en fait, pour les producteurs, une plaie béante qui tend bien plus à s'infecter qu'à se refermer.

 

Il y a un an, La Presse Affaires faisait état de la crise, déjà très grave au bout de deux ans de maladies dans les troupeaux. Depuis, la situation a évolué dans le mauvais sens.

 

"Les prix ont chuté de façon radicale depuis septembre dernier", indique le président de la Fédération des producteurs de porc du Québec (FPPQ), Jean-Guy Vincent.

Les problèmes de surproduction mondiale se sont accentués. Il y a aujourd'hui 25 % plus de viande de porc réfrigérée aux États-Unis qu'il y a un an, selon le directeur de la production de l'entreprise porcine F. Ménard, Luc Ménard.

 

Le dollar canadien, déjà élevé il y a un an, a continué à grimper, au grand dam des exportateurs. En 2004, un producteur québécois recevait 117 $ pour un porc. À prix égal, aujourd'hui, le producteur ne reçoit que 98 $, à cause du taux de change.

 

Hausse du prix des grains

 

Comme si ce n'était pas assez, les prix des grains, essentiels pour nourrir les animaux, atteignent des niveaux record. Depuis six mois, le prix du maïs a augmenté de 50 %.

 

"Quand c'est rendu que Bernard Derome parle des prix du grain au Téléjournal, c'est que c'est rendu élevé", lance Luc Ménard.

 

La crise est mondiale. Mais tout joue contre le Québec. "Depuis quelques années, on a un quasi-moratoire sur les porcheries à cause de la pression sociale et des règles environnementales, rappelle Daniel-Mercier Gouin, professeur au département d'économie agroalimentaire de l'Université Laval. Cette situation qui perdure conduit à réduire les investissements."

"Les producteurs ne sont pas en mesure de suivre le rythme de développement", ajoute-t-il.

 

Le Québec exporte plus de 50 % de sa production de porc. Aux États-Unis, les grandes entreprises verticalement intégrées sont bien plus efficaces et font la vie dure aux exportateurs québécois sur les marchés asiatiques à fort potentiel.

 

De surcroît, le porc américain prend de plus en plus de place sur le marché québécois.

 

Les producteurs ont des coûts de production trop élevés, et l'industrie québécoise n'est plus assez compétitive.

 

Dans ces circonstances, les producteurs sont financièrement "pris à la gorge", pour reprendre les mots de M. Coulombe.

"Un producteur perd environ 50 à 60 $ par porc", souligne François Bédard, spécialiste des affaires techniques au Conseil canadien du porc.

 

Le pari d'Ottawa

 

Ottawa fait donc le pari de réduire le cheptel pour soutenir les prix et aider les producteurs qui restent dans le marché en mettant sur pied son Programme de réforme des porcs reproducteurs.

 

"Il y a trop de porcs dans le marché, il faut l'ajuster", explique Susie Miller, directrice générale du Bureau de la chaîne de valeur des aliments chez Agriculture et Agroalimentaire Canada.

 

"L'objectif est de relever les prix, mais on ne sais pas si ça va arriver, et dans combien de temps", note François Bédard.

Depuis le 14 avril, un producteur peut réclamer 225 $ par porc reproducteur éliminé. Le programme est rétroactif au 1er novembre et le producteur peut récupérer des sommes pour les animaux vendus depuis ce temps.

 

En contrepartie, le producteur ne doit vendre aucune truie après le 14 avril, et doit s'engager à dépeupler une porcherie de tous ses porcs reproducteurs pour une période d'au moins trois ans.

 

Les producteurs ne se font pas d'illusions sur la portée du programme.

"Un producteur moyen qui possède 300 truies recevra 67 500 $, en échange de quoi il devra renoncer à utiliser ses bâtisses, illustre le secrétaire du Syndicat des producteurs de porc de la Beauce, Mario Rodrigue. Si tu as des dettes sur ces bâtisses, ce n'est pas un bon deal."

 

"C'est un programme intéressant pour le producteur qui quitte ou qui veut quitter, dit Jean-Guy Vincent. Mais ce n'est pas un incitatif, parce que l'endettement des fermes est beaucoup plus élevé."

"Je ne veux pas condamner le programme, mais ça prend des solutions plus énergiques, ajoute Mario Rodrigue. Ce n'est pas ça qui va sauver le secteur porcin."

 

Les porcs éliminés seront récupérés pour faire des nourritures animales, entre autres. Au Québec, la FPPQ a conclu une entente avec des banques alimentaires pour leur fournir la majorité de la viande. Le Conseil canadien du porc garantit que les viandes seront récupérées, sauf dans le cas de très petites fermes qui n'auraient que deux ou trois truies, par exemple.

 

Encadré(s) :

 

71 MILLIONS

Nombre de porcs du Québec vendus en 2006

 

309 MILLIONS

Nombre de porcs du Canada vendus en 2006

 

2490

Nombre de fermes porcines au Québec (2006)

 

1635

Nombre moyen de porcs par ferme au Québec (2006)

 

178

Nombre moyen de porcs par ferme au Québec (1976)

 

 

  

 


 

Les inconvénients de fabriquer de l’essence avec des produits de bases dans la nourriture pour les humains et bien sûr nos animaux, envenime plusieurs problèmes plutôt que de diminuer réellement d’autres problèmes.

 

Vouloir régler un problème d’environnement au détriment d’un secteur aussi important qui est de se nourrir, n’est pas la solution miracle que plusieurs écolos recherchaient.

 

Le prix du dollar qui monte, le prix de l’essence qui augmente, les prix de productions qui diminuent en Asie et l’augmentation de la demande mondiale en Chine, en autre, n’aide en rien notre système économique établi au Canada.

 

Donner des sous pour réduire un cheptel tout en faisant rien pour les employés, les producteurs et en ne voulant pas changer notre manière de payer cet économie. Je ne crois pas qu’il s’agit d’un bon choix à moyen et long terme. Ce n’est que de la poudre aux yeux pour certains électeurs...

 

JFD.

 

 

 

[ publié par Zeff le 2008-05-13 06:31:11 ]

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[ Mercredi 7 mai 2008 ]

LES PRÉVISIONS DE LA BANQUE DU CANADA SONT MOINS ROSES QUE D’AUTRES.